Cette bafouille a été écrite en l’an de grâce 2020,
au jour des 159 877 contaminé·es et 21 340 décédé·es 1
Macron, Philippe, leurs sbires et leur système sont toujours là


First mood

La lecture de l’article « Entre les deux il n’y a rien ? Jeter des ponts concrets entre aujourd’hui et demain » 2 de Ludivine Bantigny paru dans Contretemps 3 est extrêmement enrichissante. Il donne à réfléchir. Tant sur ce qu’il pose que sur les contrastes qu’il provoque avec d’autres textes/réflexions d’auteur.es qui lui sont proches thématiquement. Je pense particulièrement dans le cas présent, à Frédéric Lordon.

Cette proximité m’a tout de suite donné envie de coucher par écrit les réflexions qu’il m’inspirait. Mais qu’en faire ? Les publier ou non ?
Cela peut être très prétentieux que de vouloir mettre ses réflexions comme ça (de manière complètement amateur) sur ce texte d’une historienne, universitaire, qui est aussi le résultat d’une réflexion alimentée par l’accumulation de connaissances aussi conséquentes.
Bourdieu dans « Sur l’Etat » dit qu’une des difficultés pour les « profanes » est de dépasser une lecture politique du travail scientifique. Oui. Mais ici ? C’est un écrit politique aussi, fusse-t-il solidement ancré sur la connaissance scientifique (et quelle connaissance !).

Alors quoi ? Pourquoi franchir le pas/pont ? D’abord c’est aussi un travail de mon côté. Amateur, qui passe par des sentiers aussi sinueux que chaotiques, certes. Et ? 1/ je le dis explicitement, 2/ il n’y a dans ma démarche que bienveillance et intérêt, 3/ je perçois aussi dans la démarche de cette historienne l’envie, je crois, de permettre l’échange 4.
Et puis qui sait ? ce texte pourrait aussi être vu comme une forme d’hommage à son travail. Ce que je souhaite qu’il soit aussi (sans tomber dans de la déférence de merde sans aucun intérêt pour personne).

Entrée en matière

Le texte de Ludivine Bantigny est une réflexion sur les possibles d’un après.
Questionnement qui ne peut qu’avoir mon intérêt et ma sympathie.
Plus exactement, sa problématique porte sur ce qu’il peut y avoir entre maintenant et cet après (souhaité). C’est le pont qu’elle essaie de bâtir et nous faire franchir.
Je trouve cette approche d’autant plus salutaire qu’il y a un peu trop de textes projectifs qui me semblent un chouïa rapide sur ce que serait l’après ; parce qu’ils ne se posent pas ou pas assez la question de l’intermédiaire. Ce entre maintenant et demain. Question que je crois autrement plus difficile que de se projeter dans un futur où finalement on a la main et où du coup, on peut faire ce que l’on veut…

Ce que je connais de ses travaux ? En dehors des textes que j’ai lu dans Contretemps il y a son intervention dans l’émission « La Grande H » 5. Qui m’a vraiment impressionnée. Du coup je me suis procuré son livre « 1968. De grands soirs en petits matins » que je n’ai toujours pas lu… et ai regardé d’autres de ses interventions en vidéo.
Une d’entre elles m’est particulièrement restée en mémoire, la co-animation d’une émission sur LeMédia « La révolution jaune » 6. Parce qu’elle m’a paru au final d’un niveau moyen (malgré la présence d’invité.es intéressant.es dont Mathilde Larrère 7 ) ce qui contraste avec l’idée que j’avais d’habitude.
Emission qui en plus m’a laissé une aigreur certaine à cause du comportement discutable des deux invités masculins vis-à-vis des deux autres invitées.
J’ai aussi le vague souvenir que Ludivine Bantigny essayait tant bien que mal, avec l’appui de Mathilde Larrère, de relever le niveau. Il ne me semble pas qu’au final elles y soient parvenues.

Je lis (occasionnellement) Contretemps depuis des années. Je trouve leur travail fantastique. De bons et beaux textes. Des interviews bien menées. Une esthétique certaine. En prime les articles sont récupérables dans différents formats numériques qui permettent de les stocker selon le besoin ou l’envie pour les lire dans les conditions que l’on souhaite. Pour moi c’est une revue intelligemment faite de bout en bout.

Autant dire que j’ai fondu sur l’article de Bantigny sans la moindre hésitation.

Perception du temps. Temps de perception

Un point de divergence. Je ne décrirais pas la période de la même façon qu’elle. Cela ne signifie pas qu’il y ait une (et encore plus une bonne) façon de la percevoir, mais que si l’on dévie l’angle de l’objectif, la luminosité de la scène s’en trouvera modifiée… et les reliefs transformés.

Ainsi au début du texte est écrit : « Cet incroyable temps en suspens met en crise les certitudes les plus établies et les préceptes les plus chevillés. »
C’est curieux, j’ai plutôt l’impression que ce temps qui est incroyable, certes, l’est par son mouvement, sa précipitation aussi déterminée que loufoque. Son cours (débit allais-je dire) aussi inébranlable qu’étouffant.
Tout y passe, des morceaux de corps aux morceaux de droits fondamentaux.
Des mouvements qui partent dans tous les sens, où ordres et contre ordres du pouvoir la disputent à l’avalanche « d’analyses » branlantes d’une presse mainstream aussi excitée qu’apeurée (probablement plus du pouvoir que du virus…)
Ce qui ferait le minimum de l’intégrité intellectuelle est broyé au profit de mensonges et perfidies aussi crasses que viles qui ne cherchent plus à être lus comme étant autre choses que ce qu’ils sont.
Au contraire, ils s’affirment comme l’illustration et le rappel que ce pouvoir peut dire ce qu’il veut et comme il le veut.
Car je ne le crois pas idiot, ce pouvoir. Le pouvoir de ce temps. C’est pour cela qu’il précipite les ordonnances, les surveillances, la malveillance, car il sait que nous savons et que l’ébullition ainsi provoquée contre lui est activée et dangereuse.
Mais soit ! Vous voulez vous battre encore nous dit-il, moi aussi. La preuve. Et ça tombe, toujours plus, plus vite, plus fort, plus bas.

Et pour le moment il serait malhonnête de ne pas reconnaître que ça passe. Mal, mais ça passe. Une de ses grandes forces à ce pouvoir, justement, c’est le temps. Avec lequel il joue. Il compte plus que tout sur l’épuisement des corps, des esprits et des patiences. Il devient une gigantesque machine à anomie. C’est au final un des maîtres mots du capitalisme : la déstabilisation de tout.es et tout le temps.
Ainsi, c’est toute la perversité de la situation, même ses indécisions et ses contradictions finissent par renforcer ce pouvoir.
Combattre cela, c’est s’attaquer à quelque chose de monstrueux par son ampleur autant que par sa profondeur.

Plus d’un an de GJ ici. Des manifestations de mécontentement à Hong Kong, au Liban, au Chili etc… des flics partout qui tabassent, mutilent et tuent aussi.
Des espoirs électoraux à gauche, Corbyn, Sanders qui se soldent par une défaite. Plus due au camp politique auquel ils appartiennent qu’aux actions de l’adversaire. Appuyée par une collaboration (au sens vichyste) des mainstream medias aussi abjecte que minable.
L’apparition d’un mouvement écologique mondial porté par une adolescente qui provoquera une discussion publique massive sur l’aspect climatique et environnemental des nuisances du capitalisme. Mais alors que le discours monte incontestablement en puissance d’adhésion, il est à ce jour sans effet à hauteur de la gravité de la situation sur les pollutions et leurs causes 8.
Et les conflits. Ouverts, armés, meurtriers. En prime, juste avant que la pandémie ne devienne le dernier problème mondiale, deux sous-marins armés de missiles nucléaires (de 5kt) 9 sont lancés par Donald Trump, histoire de détendre l’atmosphère…
Curieux temps que le nôtre donc, qui voit débouler une pandémie, dont Ludivine Bantigny rappelle que l’OMS avait alerté de la possibilité. Comme de l’impréparation devant une telle éventualité… (L’OMS au passage, n’est pas une institution que l’on peut soupçonner de sociale. Vraiment pas.)

Voilà pour ma divergence concernant la façon de qualifier le moment. Je souscris par contre complètement à la suite. Oui nous sommes dans un moment historique. Comme je crois aussi que deux pôles se forgent et que la confrontation qui existe ouvertement depuis plus d’un an (et dont les signes avant-coureurs étaient aussi multiples qu’épars depuis presque le début de ce siècle) maintenant n’est pas terminée.
Il est tout aussi juste d’avoir l’impression que dans le pôle opposé à l’oppression, il y ait comme un début de convergence entre des acteurs de mouvements et des intellectuels. Entre les réflexions de celleux qui subissent et celles de celleux qui les analysent.
Le point le plus « faible » restant la barrière de classe. Remarquable à ce titre la présence du Comité Adama au sein du mouvement des Gilets jaunes. Les « quartiers » populaires avec la frange de la « petite » classe moyenne qui en bave. Qui, pour ces derniers, a découvert un certain quotidien de la violence policière. Car ce qui est arrivé aux GJ est une extension territoriale/sociale des comportements quotidiens de flics sur une autre classe sociale et un autre territoire. Je ne suis d’ailleurs pas certain que cette lecture soit encore bien réalisée par la classe moyenne qui s’est fait démolir pendant plus d’un an.
Comme il est tout aussi remarquable le silence sur Calais. Des Zad, on en a entendu parler. Mais de Calais, fort peu, voire pas du tout. Or Calais c’est quelque chose ; qui a une durée certaine maintenant. Qui est une expérience conséquente en terme de moyens de surveillance de population, de harcèlement de migrants, d’associations et plus généralement des gens. Et pourtant c’est un peu comme si Calais n’était pas en France.

Du regard d’en haut. De sa réponse d’en bas.

La partie « Rien d’« extrême » » est remarquable. Par sa concision. Sa précision. Ses questions.

Concision dans la réponse aux jugements (pour ne pas dire insultes) d’en haut, aussi bien que par l’énumération des arguments et exemples la soutenant. Renversant la charge de l’accusation (fausse et illégitime).
« Extrême, quoi de plus extrême que ce que nous vivons ? » nous lance-elle. S’en suivra une implacable réponse armée de son lot d’exemples aussi justifiés que justes. Se montrant à la hauteur des enjeux du temps présent.
Le tout écrit avec beaucoup de fluidité et de contenance ; car si l’on sent de l’indignation, du bouillonnement (quelque part) Ludivine Bantigny reste fidèle à sa ligne et garde le cap de l’analytique, engagée certes, mais certainement pas enragée. Renforçant l’efficacité de la démonstration. Les raisons contre la déraison. Combat des plus ardus s’il en est.
Précision. Les arguments sont aussi denses que précis. Les faits s’enchaînent presque « naturellement ». Et implacablement. Autant d’ailleurs pour la réponse à la déraison d’en haut, que pour les exemples des raisons d’en bas (pluriel, car il y a plusieurs en bas comme il y a plusieurs raisons, qui se recoupent, se rejoignent ou sont simplement différentes).

Ludivine Bantigny balaie l’éventail des stupidités que nous vivons.
Des contradictions (pour le dire poliment) budgétaires aux ignominies que produit la politique actuelle sur les gens (migrants, soignants, personnes âgées…). Autant que celles produites sur les infrastructures, comme le choix entre le canon ou la santé (pour le poser grossièrement et différemment de l’autrice)… Comme il en va aussi des rapports entre Etats réduits à se comporter comme des charognes qui se foutent sur la tronche pour des cargaisons de masques. Ou encore la rapacité du capital et ses effets sur notre vie.
L’accumulation bien que brève n’en est pas moins foudroyante. Et explicative pour le moins.

Et la question arrive. Quid de la « capitalisation » de l’énergie accumulée par les mouvements sociaux spontanés de ces dernières années ? La stratégie pointe le bout du nez ici. Oui « fatalement », la question du quoi faire, comment et avec quels objectifs s’impose.
Car nous sommes arrivés à cet endroit qui intéresse spécifiquement le sujet de l’article. Qu’y a-t-il « Entre aujourd’hui et demain ? Entre les deux il ne saurait y avoir rien. »
Que je formulerai ainsi : qu’y a-t-il donc entre maintenant (accumulation des expériences de l’avant) et après (accumulation de projections de son avant) ? Clairement ce ne sera pas du vide oui.
Tenter de le combler passe par l’utilisation de ce mot « imposant » comme elle l’écrit : la stratégie.
Surtout, précise-t-elle très justement, qu’en face « la stratégie est bien établie ; elle est féroce, implacable et redoutable. ». Clairement oui.

Je ne partage par contre pas tout à fait son explication sur l’absence de son émergence qu’elle situe principalement dans l’effet d’imposition du discours (et/ou de la position) « il n’y a pas d’alternative ».
Oui mais… je crois aussi qu’il y a son imposition par de agents sociaux qui en ont bénéficié que trop, notamment les partis ; il n’est pas ici question de la droite qui de mon point de vue, étant d’essence paternaliste il n’y a pas grand chose à en dire sur le thème TINA 10.

Je pense ici à la droite complexée 11 (ou « gauche » de gouvernement ; ou pour l’appeler par un autre nom plus exact à mon sens : entreprise de basses œuvres politiques avec un label vendeur trompeur). Qui a pas mal contribué quand même, certes à utiliser le discours précédemment mentionné mais aussi et surtout à effectivement bousiller tous les relais sociaux qui auraient pu porter une participation aussi fertile qu’effective à la mise en œuvre d’une politique sociale.
Avec une efficience aussi sauvage qu’impitoyable : la mise à mort du PC ; la mise au pas d’asso par des systèmes concurrentiels 12 de financements aussi perfides qu’asphyxiants ; l’utilisation de la CFDT pour affaiblir (et contourner) le poids de la CGT (y compris en interne au parti) ; l’imposition de « réformes » (en s’appuyant sur le nouvel allié (anti)syndical susmentionné) du secteur public autant que de certains mécanismes économiques qui n’ont eu d’autres finalités que dissoudre ce qui fait l’essence du service public d’un côté et de pulvériser les mécanismes de régulation étatique de l’économie (avec en fer de lance la [dés]Union européenne), de l’autre côté. Liste non exhaustive (hélas)…
Instituant une logique concurrentielle à tous les niveaux socio-économiques, notamment entre les acteurs associatifs… qui est assassine et crétine.
Avec un effet dévastateur sur la conception des alliances politiques. Et donc une fermeture des possibles côté gauche.
En utilisant la dichotomie du raisonnable face à l’utopique… (comme si les libéraux ne la réalisaient pas leur saloperie d’utopie de l’homo-economicus.), le au « centre » plutôt que le à gauche.

Evitant les sujets polémiques, l’autrice restera sur l’idée plus mobilisatrice de capitaliser les démarches de luttes autour de l’écologie, le féminisme, contre le racisme, l’émancipation des sexualités. Comme de la question de l’affrontement direct avec la violence du système économique actuel.

Ludivine Bantigny enchaîne en proposant des pistes possibles de réappropriation du champ politique par l’action concrète. Qu’elle développera dans la partie suivante.

Autonomisation et participation

Nous arrivons à la partie « Moins d’autos. Plus d’auto- » Formule que je trouve simplement géniale. C’est ça.
Sa définition « la mise en pratique de contre-conduites puisées au refus de la passivité et à l’auto-organisation, une manière de s’habituer à prendre ses affaires en mains » est parfaitement claire.

Elle poursuit « Nous vivons généralement une double dépossession : des conditions de notre travail, sur le plan socio-économique, et de la décision démocratique, sur le plan politique. » Je trouve par contre que cela est partiel. Je crois que les dépossessions sont plus larges, massives et intrusives. Les injonctions de genre, de rapport corporel sont extrêmement violentes pour de plus en plus de monde. Et provoquent des dépossessions qui peuvent être terribles.
La dilution de l’être dans le profil est aussi quelque chose d’extrêmement violent (thème cher à Miguel Benassayag et que je crois très pertinent). C’est l’adaptabilité, qui certes vient d’une injonction professionnelle mais qui déborde largement sur l’espace personnel.

La question d’identité est à la fois valorisée (le slogan sois toi même) et profondément rejetée/discréditée : le racisme et le sexisme qui explosent en ce moment par exemple. Illustrant d’ailleurs ce qui me semble être une des caractéristiques de notre temps : imposer des double bind 13. Redoutablement mortifère.
S’ajoute ce que je pense être une foutaise totale (mais là n’est pas le problème) qu’est la « question » de la trans-humanité qui se développe dans certains milieux. Qui est une remise en cause pure et simple de ce que nous sommes, avons été et pouvons être.
C’est surtout une approche fondée sur une frustration devant des capacités biologiques « naturelles » qui est profondément problématique. Et dont l’une des conséquences est la dévalorisation du corps, de ce qu’il est et devient. Renforçant l’idéologie du winner, du « sur » quelque chose ; comme si être humain ne suffisait plus à la nature (biologique) humaine ?
Qu’une prothèse aide une personne à palier à une « déficience » physique, bien (ayant un un handicap et étant appareillé j’en sais quelque chose) ; que l’on en vienne à imaginer quelque chose qui développe l’acquis « normal »… pour devenir un « sur-homme », ça ne ressemblerait pas un peu à un air joué dans les années 30 en Allemagne ça ?
Il est à noter que parallèlement à ce courant de « pensée » l’avènement de la technologie est enfin questionné, remettant en cause l’idéologie du « progrès » (particulièrement technologique). Ouf ! certain·es posent enfin de bonnes questions à un problème que nous ne payons que trop : le surinvestissement dans la technologie et son lot astronomique de gaspillage (de tout).

Nous somme-là je crois, bien au-delà des éléments de la double dépossession ; ou alors je reformulerai les termes de cette double dépossession : la place dans la structure de production (l’économique) : où comme le montrent Bernard Friot ou Silvia Fredericci (par exemple) le producteur réel est dépossédé de la production comme du fruit de celle-ci (double dépossession d’un des termes de la double dépossession). Qui entraîne des effets tant professionnel que personnel.
Et la place dans la structure du politique i.e. dans l’élaboration et la mise en œuvre des choix collectifs (double dépossession dans le champ du politique dont la réduction à l’exercice possible de l’expression d’un « choix » lors d’élections a montré ses limites (en restant poli)).
La politique, comme la production (qui au final sont liées) pour moi, c’est un quotidien. Exigeant et qui doit donc, en contrepartie, être gratifiant par une participation tout aussi quotidienne (quelle que soit sa forme). Autant pour la dichotomie des « intermittents » et des « héros » 14 (qui a sa pertinence).

L’argumentation de Ludivine Bantigny portera alors sur les différentes pistes possibles de réappropriation de la production et de l’action politique.
Je trouve ses arguments et idées extrêmement pertinents.
Je pense par contre qu’il y a un point aveugle dans son approche : le personnel. Sujet toujours délicat quand on veut le poser politiquement (c’est-à-dire sans recourir à une cochonnerie qu’est le psychologisme.)
Or une des forces du camp « d’en face » c’est qu’il le travaille le personnel. En lui disant que l’individu est tout et surtout qu’il l’est librement ; foutaise, certes, mais dont l’efficace attractive ne peut être niée.

Il faut donc essayer de penser aussi cette personne (prend ça sur le pif l’individu) comme être collectif. Et c’est d’une difficulté certaine que de travailler sur les habitus. Il faudra du temps mais aussi beaucoup de précaution.
Au risque de donner l’impression de me débiner sur le sujet que je soulève, je n’ai pas franchement d’idées, ni même de pistes bien balisées.
Ou du très général. Les mots, C’est important les mots que l’on choisit pour qualifier ce que l’on veut faire 15.
Peut-être faire sauter les cochonneries : individu, concurrence, émulation, ascension, partenariat, collaboration, virtualité, marché, secteur, catégorie (et catégorisation), équité et j’en passe.

Essayer d’imposer d’autres mots (qui ne sont pas forcément des contre mots de ce qui précède (ce qui reviendrait dans ce cas à ne faire que déplacer le problème mais pas le résoudre)). Ou en réactiver certains : travailleur (pour casser travail qui n’est pas la même chose), producteur, salaire (au sens de Friot toujours, et donc bannir revenu), classe (pour s’attaquer à catégories), groupe (et pas groupement), commun, collectif, coopération, égalité (et le faire passer avant liberté car elle la conditionne selon moi), peut-être essayer dans un premier temps de désactiver liberté (mais ça c’est un gros morceau politiquement) et… tellement encore.

Sachant que ce n’est que le produit de ma « réflexion » et que je peux très bien me planter sur ces pistes. Par contre sur l’enjeu de la langue je ne crois pas me tromper ; c’est très important, ici encore le pouvoir le sait et y va à toute blinde.
Dans un après un peu plus lointain mais quand même : flinguer tous les contrats de travail dits dérogatoires. On garde CDI et CDD mais avec un encadrement sérieux et exigeant concernant la deuxième catégorie. L’intérim, le statut d’auto-entrepreneur et toutes les saloperies du genre à la poubelle.
Booster l’inspection du travail qui va aller chez les « gros » dans des conditions sérieuses. Pourquoi ne pas par exemple organiser des « visites » en tandem avec le fisc. Ça peut faire son petit effet.

A terme toujours plus éloigné, je pense aussi que militer pour fracasser cette vieillerie éculée qu’est l’institution matrimoniale serait d’un effet libérateur certain. 1/ un truc bien paternalo (encore qu’on le veuille ou non) se fait foutre dehors ; 2/ on se paie une intrication historique Etat/Eglise qui ne peut qu’être… libérateur aussi ; 3/ on s’attaque à la question de la participation pécuniaire au collectif… et à la question pécuniaire de la rémunération de la personne (avec la question l’enfant est-il celui de une/deux personnes ou celui d’un collectif…) ; 4/ on redéfinit du coup ce qu’est la famille, les liens qui la constituent, comme ce qu’est le collectif (et les liens qui le constituent). Bref on tape dans du lourd. Qui permet de construire le collectif sur des bases autres que ce qui restaient de « notre » système devenu ainsi ancien.

Pistes personnelles, et probablement hasardeuses (?) Mais…

Quelles alliances politiques. Comment. En « haut » et en « bas »

Parler de la stratégie oblige à aborder la question des acteurs politiques directement. Moment aussi délicat que… délicat.
C’est le sujet de la partie « Assemblée constituante et nouveaux États généraux ? ». Tout un programme dans lequel je ne peux que me reconnaître. Avec un enthousiasme trépidant même.

Ludivine Bantigny a jusque-là aborder les problèmes qu’elle soulevait franchement.
Cette partie n’échappe pas à la règle qui débute par « Il y a des questions à poser en pleine sincérité aux organisations de gauche, en particulier à toutes celles et tous ceux qui y engagent leur temps et leurs espoirs. C’est le cas notamment de La France insoumise. Évidemment c’est la force de gauche incontournable dans le paysage électoral et on ne saurait balayer ce cadre d’un revers de main, au risque de l’irréalisme, mais à condition d’imbriquer ce cadre-là dans d’autres cercles bien plus vastes. Les onze mesures d’urgence avancées par LFI sont pour beaucoup justes et importantes dans les circonstances. C’est vrai, « le salut commun doit l’emporter sur la loi du marché. »

D’entrée elle ne cache pas que si LFI a des propositions tirées de l’expérience de la pandémie, pour autant, sur les moyens de la réalisation, la créativité semble faire défaut… situation dont il faut bien reconnaître qu’avant LFI un autre parti s’affirmant de gauche (de gouvernement attention) par lequel est passé le leader de LFI, s’était fait une spécialité certaine avec des résultats que l’on peux je crois, en toute honnêteté aujourd’hui, dire qu’ils ont été mitigés catastrophiques 16.
Je suis par ailleurs embarrassé par la formulation « …des questions à poser en pleine sincérité… » oui sous condition de réciprocité de la part des questionnés.
Le silence de l’autrice sur ce second aspect peut être d’ordre sémantique et par volonté de ne pas ennuyer le lectorat avec quelque chose qui peut sembler évident. Oui. Certainement même.

Personnellement je crois souhaitable, particulièrement en politique, qu’il faille poser les choses (même et quelque fois surtout) les plus apparemment évidentes explicitement.
Cela est plus confortable pour tout le monde. Dans le cas contraire à défaut de confort, on a la clarté, car qui demande qu’une situation soit abordée sainement (et clairement) et voit cette demande rejetée sait dès le départ à quoi s’en tenir et consécutivement qu’ille peut préserver son temps pour une activité autre.

Le défaut de créativité mentionné plus haut étant tout de suite associé avec ce qui pourrait être comme une préoccupation programmatique en vue d’une certaine date qui serait la prochaine présidentielle. D’ici deux ans donc.
DEUX PUTAINS DE BORDEL DE MERDE D’ANNEES !

J’avoue que là, le pont des rencontres pour le grand moment même à rythme réaliste me semble sombrer dans le style du pont des soupirs voire de celui de la rivière Kwaï… je pense qu’il serait très préférable pour tout le monde d’éviter.
Car, suivant mon idée que le temps actuel se meut des plus rapidement, je ne peux m’empêcher de penser à tout le système de surveillance panoptique que les « connards qui nous gouvernent » 17 mettent en place et de manière de plus en plus rapide et massive 18. Et des effets consécutifs qu’il pourrait avoir sur des mouvements sociaux quels qu’ils soient… Ce n’est pas de la dystopie, cela existe, dans la province de Xinjiang 19 en Chine, sachant que les GAFA se font la main là-bas 20.

Je crois que ces échanges sur le maintenant et son lendemain doivent avoir lieu ici et maintenant. Et de la manière la plus urgente. D’abord parce que la situation le demande et le permet. Elle est aussi par sa singularité, l’occasion de montrer combien le terme de partisan peut ne plus recouper celui de doctrinaire/sectaire. Ou si l’on préfère de concurrents qui seront prêts à tout pour « régner » même sur un tas de cadavres.
Car c’est à ce jour – je pourrais (et devrais) écrire à notre époque, car la « casse » cela fait depuis un certain temps et avec une certaine quantité quand même – et pour les jours à venir, l’échelle de valeurs qu’il faut avoir en tête. Celle de la valeur humaine. Qui dépasse et de loin celles des frontières partisanes qui sont en conséquence non seulement choquantes mais totalement inadéquates. Je pense que l’on peut ainsi poser en pleine sincérité l’état des choses actuelles et ce qu’il requiert de celleux qui prétendent à prendre en main la destinée collective.
Voilà pour la partie d’en « haut ».

Pour la partie d’en « bas », j’adhère complètement à ce que propose Ludivine Bantigny et que je résumerai dans le mot COLLECTIF(S). Qu’ils soient structurés par avance ou qu’ils se constituent dans l’action. Qu’ils, autant que faire se peut, se rapprochent de partis politiques auxquels ils pensent qu’ils leur prêteront une (voire deux) oreille attentive. Avec l’idée que les collectifs en question sauront s’auto-organiser sans aide structurobordélicochefationiste. L’autogestion quoi. Que ce mot est doux à lire. Et reposant pour l’esprit. C’est toujours bon à prendre par les temps qui courent, car oui je continue de penser que le temps, en ce moment, va vite, très vite.

Je passe sur les considérations constitutionnelles. Avec un petit arrêt ici « De fait, ces institutions écornent la démocratie. Elles permettent de concentrer le pouvoir entre les mains d’un seul homme. Elles réduisent le parlement à une fonction de croupion. »
Voilà qui est dit bien gentiment. La Vème est un machin qui a muselé la représentation du peuple – dit avec le petit doigt levé : la « rationalisation du parlementarisme »… notez au passage que l’idée de rationalisation de l’exécutif n’a jamais été trop en vogue (révolutions exceptées cela va sans dire) -, qui a bousillé la lecture/pratique de l’exercice du pouvoir en instaurant (certes dans un deuxième temps) l’élection au suffrage universel direct du Président. Produisant un exécutif bicéphale dont on a vu sans cesse croitre le pouvoir du président. Autrement dit la part du pouvoir personnel au détriment de la part collective. Le tout en interdisant quasiment à ce chef de l’exécutif de venir rendre compte de ce qu’il fait devant les assemblées élues. Bref la graine du despotisme était là, prête à éclore à la première occasion.
Nous sommes ici bien au-delà d’institutions qui « écornent » la démocratie.
Mais bien dans la description appliquée pour le parlement (« croupion » meaning asshole (?)). Il serait intéressant au passage, de s’arrêter aussi quelques instants sur le fonctionnement des instances dites délocalisées. Qui ne sont pas non plus des monuments d’exemplarité démocratique… et pour finir (mais pas pour clore) ce rapide tour d’horizon (assez couvert) institutionnel se demander ce qu’est exactement le préfet. Ça vaut son pesant de cacahuète aussi 21.

La fin de cette partie porte sur les contre pouvoirs. Excellent sujet, traité comme suit « Ce contre-pouvoir pourrait être la fédération des forces auto-organisées localement… » posant les bases d’une structuration collective des collectifs locaux ; on pratique à l’échelle « supérieure » ce qui a été mis en place à l’échelon local. Why not? Mais à condition d’exercer une vigilance rapace sur ces instances intermédiaires qui te veulent du bien. Quand même.

La partie « Lieux commun, lieux du commun » qui suit, développe l’idée de la démocratie locale, s’appuyant sur des exemples pris dans le passé récent (entre 2005 et today), énumère des suggestions d’organisations possibles. Nous sommes là dans un après (une fois étendu et instauré) plus que dans un entre deux à mon avis. Ceci dit la frontière étant quelque chose de flou dans un monde normal et sain. Donc…

RIP Capitalism

Partie la plus prospective et normative. Celle qui passe l’entre deux et arrive sur l’après.
Le point culminant est l’élaboration des communs. Oui. Ne plus être dans un système d’individu·es, mais de gens vivant en commun.
Reprenant l’idée de Pierre Dardot et Christian Laval 22 Ludivine Bantigny écrit « Les communs ne sont pas forcément ou pas seulement des choses, des objets ou des biens : plutôt et tout autant des actions collectives et des formes de vie – des relations sociales fondées sur le partage et la coproduction. Les communs constituent moins un donné qu’une intelligence collective en acte. » Oui.

Avant de parvenir à cette fin, le chemin qu’elle décrit passe par ce constat « Même si le néolibéralisme continue d’être combattu en étant souvent déconnecté de son ancrage dans un capitalisme dont il pousse la logique jusqu’au bout, l’imbrication d’une opposition antilibérale dans une opposition anticapitaliste plus radicale est en train de se faire, comme le suggère Jacques Rancière : « nous sommes parvenus au terme d’une grande offensive, que certains appellent néolibérale, et que je nommerais plutôt l’offensive du capitalisme absolu, qui tend à la privatisation absolue de tous les rapports sociaux et à la destruction des espaces collectifs où deux mondes s’affrontaient » »
Je crois que la déconnexion constatée tient aussi à ce que les forces qui la portaient, pour agir le contre mouvement, ont été emportées. Et pas que par des « adversaires » idéologiques.

Ainsi, cela, en plus de laisser des traces conceptuelles (comment poser, réfléchir, percevoir le problème pour en faire quelque chose) a surtout laisser un grand vide matériel. Plus de nom pour nommer la chose. Plus de mot pour la dénoncer et la combattre (ou au moins la désamorcer). Construire un discours, sans mot pour contrer un discours qui en a plus qu’il n’en faut pour bourrer le mou de la contradiction… c’est compliqué.
En poussant plus encore, cette absence de mot illustre en réalité l’absence d’agent pour porter le contre discours. Et qui dit pas de bras…
Sans contre-argumentation, porter par un groupe, comment arriver à une mobilisation ? Situation qui me semble-t-il se pose des plus crument today. Et j’ai envie de dire depuis 2005. Des mises en mouvement il y a eu, mais plus de mise en politique (qui prenne) contre les causes originaires du problème. Chose qui peut se comprendre vu l’état des acteurs politiques (dominants) en présence et surtout des règles du jeu. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus motivant c’est sûr.
Je pense ici à la déréliction syndicale 23 qui est le produit de la déréliction d’un parti qui s’est présenté socialiste et qui a largement contribué aux basses œuvres de démolition du mouvement social, y substituant des entreprises idéologiques douteuses servant à masquer ce qui n’apparaît selon moi qu’en filigrane dans ce texte : la lutte de classes 24

Or comment, sur un tel passif et avec qui, construire ? La lancinante question posée dans la partie « Assemblée constituante et nouveaux Etats généraux » revient ici au galop. Car si je ne doute pas de la sincérité de certaines forces de gauche (NPA pour ne pas la nommer par exemple), je suis beaucoup plus réservé sur une force en particulier qui me semble traverser par des remous forts et fortement erratiques (La FI pour ne pas la nommer)… Que je sois bien clair (bis) il est ici question d’appareils et non de personnes. L’institution c’est emmerdant comme pourrait dire un auteur que j’ai beaucoup cité déjà 25 et dont il me semble que le texte de Ludivine Bantigny s’inscrit dans le même espace de discussion (j’évite le terme débat qui m’horripile).

Il est indéniable, une fois ce tableau (« noir ») posé de constater qu’il y a comme le commencement de quelque chose en ce moment. A Bordeaux où LFI et NPA se sont alliés (au prix d’efforts couteux pour ce que je crois en comprendre) et semblent obtenir un résultat (attention à l’abstention quand même) c’est vrai.
On voit une alliance syndicale sur des luttes récentes (les retraites par exemple). Fleurissent des associations syndicats/partis/personnalités engagées pour dénoncer/lutter contre certaines situations qui ne sont que la traduction ponctuelle des nuisances du capitalisme.
Comme on voit en ce moment des initiatives collectives de solidarité entre habitant·es, envers les étudiant·es… qui se substituent efficacement à ce qui devrait être l’action publique.
Oui, des mises en commun apparaissent et ça fait du bien.
Qu’elles continuent, se développent et se renforcent jusqu’à ce que…

… nous arrivions sur le pont. Il y a du monde. Je ne peux qu’espérer que ce monde fasse commun toujours. Car ce ne peut être qu’en commun que nous arriverons à le franchir. Forcément.
Je salue Ludivine Bantigny que j’aperçois là-bas, et la remercie d’ici, pour cette orientation/invitation dans ce lieu.
Mon poteau me rejoint. Il a croisé Lordon qui avait un exemplaire de « L’éthique » dans la main… pourquoi lui-demandé-je ? Il me répond qu’il aurait foutu une brique dedans, au cas où… Sacré Frédo…
On commence à bouger, on est serré.
Et ça pousse.
On pousse.
Fort.
Je n’ai pas peur.
Non.
J’ai la banane !

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  1. Je me réfère à ces données : https://ncov2019.live/data
    L’Etat lui, donne cela : https://dashboard.covid19.data.gouv.fr/
    []
  2. https://www.contretemps.eu/covid19-jour-apres-bantigny/[]
  3. https://www.contretemps.eu/[]
  4. Je n’emploierai pas le mot débat qui me fait vomir. La boxe c’est sur un ring ; la discussion c’est entre gens de convictions, qui se respectent et qui ne sont pas là pour gagner, jouer ou se faire valoir[]
  5. https://www.youtube.com/watch?v=HiVu_taowMM[]
  6. https://www.youtube.com/watch?v=vlSgm_Rd4gE[]
  7. Historienne et co-animatrice du podcast « Les détricoteuses » avec Laurence De Cock (Aggiornamento hist-geo). Podcast dont j’ai l’impression qu’il est en veille… au cas où, si il pouvait revenir… je vote POUR 😉 []
  8. Terrible article sur un exemple de destination des déchets plastics de l’Occident https://theintercept.com/2020/04/19/africa-plastic-waste-kenya-ethiopia/[]
  9. https://www.commondreams.org/news/2020/01/30/edging-world-closer-nuclear-war-trump-deploys-low-yield-more-usable-atomic-warhead
    Une nouvelle doctrine du Pentagone semble émerger et poser que des frappes nucléaires puissent s’envisager comme armement tactique et non plus stratégique (dissuasion et/ou 2nde frappe) c’est-à-dire comme un armement conventionnel. Pour donner un ordre de grandeur (de la petitesse de certains esprits humains) ces  » bombinettes nucléaires  » sont d’une charge de 5kt =1/3 Hiroshima (80 000 morts instantanément) soit dans les +25 000 morts d’un coup… cela, ça passe…[]
  10. There is no alternative.[]
  11. Terme inventé par Frédéric Lordon dont la justesse et la justice est aussi indiscutable qu’accablant[]
  12. Mot aussi maléfique que nuisible. A détruire ![]
  13. Double contrainte. Situation de « choix » où quelle que soit l’option retenue par la/les personnes elle leur sera défavorable voire nuisible.[]
  14. « Vivre sans » de Frédéric Lordon où une très bonne présentation qu’il a fait à la sortie de ce livre et qui est déjà bien illustrative[]
  15. Je pense particulièrement à Kraus et Musil dont l’œuvre est de mon point de vue ancrée sur ce problème : l’utilisation de la langue en politique[]
  16. Au passage je recommande très vivement la lecture de « La Décennie : le grand cauchemar des années 80 » de François Cusset. C’est probablement le meilleur livre sur les années Tonton que je connaisse.[]
  17. https://blog.mondediplo.net/les-connards-qui-nous-gouvernent[]
  18. https://fr.sputniknews.com/france/202004241043649285-des-bracelets-electroniques-obligatoires-en-france-pour-les-personnes-positives-au-covid-19/
    Canard de m**** pour une info de m****. []
  19. https://theintercept.com/2018/08/13/china-muslims-uighur-detention/
    Pour les amateur·es de hardcore ce reportage (in English I know) où il est décrit le camp de travail qui emprisonne 1 million d’Ouïghours. Une partie de ce camp serait selon certaines ONG un camp de concentration. La communauté internationale sait. Mais est occupée ailleurs…[]
  20. Et dans d’autres coins « sympas »[]
  21. D’autres cochonneries pour la (longue) route : les directions de services déconcentrés et délocalisés. La direction des ARS, monstruosité (à la tête d’une monstruosité) qui rend compte directement au Ministre sans passer par la case préfet… et…[]
  22. Cité en note de bas de page : Pierre Dardot et Christian Laval, Communs. Essai sur la révolution au XXIe siècle, Paris, La Découverte, 2014.[]
  23. Je parle ici des centrales, la base c’est tout autre chose.[]
  24. Comme lecture générique d’un rapport de force. Pas comme réalité matérielle finie concrète. Par essence la conceptualisation du « réel » en est une simplification. Qui ne la rend pas moins pertinente. Comme le disait de mémoire Bourdieu (qui reprenait Marx je crois), « il ne faut pas confondre les choses de la logique avec la logique des choses »… programme aussi nécessaire qu’exigeant…[]
  25. Frédéric Lordon. « Impérium » et « La condition anarchique » []
Catégories : Réflexion(s)

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Le Taulier

N'en revient pas et trouve que le monde ne l'aide pas beaucoup à ce que ça change. Râleur. Liseur boulimique, en français et en anglais ; sur papier comme sur écran. Fervent défenseur de la sieste et profondément opposé à la téloche. Viscéralement anti-libéralisme. Totalement anti-capitalisme. Pour la res communa et l'auto-organisation.