Cette bafouille a été écrite en l’an de grâce 2020,
au jour des 158 050 contaminé·es et 20 796 décédé·es
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Macron, Philippe, leurs sbires et leur système sont toujours là


Quelques précisions liminaires (c’est toujours important). Je me suis mis à l’anglais fin 2014. Je voulais pouvoir lire les auteur·es anglophones que j’aime dans leur langue.
Chemin faisant j’ai découvert qu’aux States il y avait un vrai choix de medias indépendants de très bonne qualité vraiment intéressants (et à préoccupations sociales claires…).
Parmi eux The Intercept fondé par 3 personnes : Glenn Greenwald, connu pour avoir révélé au monde Prism 2 ; Laura Poitras 3, documentariste française qui a filmé la rencontre entre Grennwald et Snowden à Honk Kong (« Citizen 4 ») 4 ; Jeremy Scahill spécialiste du Moyen Orient ayant écrit plussieurs livres (sur Blackwater, le monde des entreprises de sécurité) 5.
Comme son nom l’indique ce média s’est d’abord focalisé sur les questions de surveillance et de politique internationale. Il traite désormais un vaste éventail de sujets.
Pour moi ce média est d’un niveau qualitatif comparable à celui du Diplo.

Dans l’article que je souhaite questionner, Jeremy Scahill qui a quelque sympathie pour Sanders (et qui ne s’en cache pas) essaie d’apporter une réponse aux raisons possibles de voter pour Biden… ou pas, si l’on se fie au titre « The Moral and Strategic Calculus of Voting for Joe Biden to Defeat Trump – or Not » 6
(Je reprends la typo anglaise pour le titre plutôt que la French parce que je préfère respecter (et signaler) l’origine du texte. Et que je ne crois pas qu’il faille choisir entre des règles typo mais les utiliser (dans un cadre explicité) autant que faire se peut).
Avec une condition « programmatique » : que ces raisons soient le produit d’un calcul moral ou stratégique.
Et c’est là qu’est mon (gros) problème… qui sera conclu en fin de cette bafouille par les deux protagonistes en présence : Scahill et… moi.

To be Biden or not to be…?

Je passe toute la partie consacrée à Trump et son bilan. Elle est aussi abondamment illustrative que consternante.

Ce n’est donc qu’après un état des lieux de ce qu’est Trump et sa politique que le cas de Biden est abordé.
Qui commence par le constat « En regardant la situation dans son ensemble, on ne peut que trouver l’émergence du choix probable de Biden en tant que candidat démocrate face à Trump, comme étant profondément troublant (interrogeant) et risqué (hasardeux) face aux dangers (périls) qui nous guettent » 7. (Les traductions qui suivent ont été faites rapidement. L’original est systématiquement mis en note de bas de page).
D’entrée la difficulté de l’exercice consistant à essayer de justifier le vote pour Biden est explicitée. Scahill tiendra ce cap descriptif presque jusqu’au bout avec une honnêteté qui n’a d’égale que la quantité de faits l’illustrant.

Eléments de contexte

Joe Biden 8, ancien Vice-président de Barack Obama, favori de l’establishment democrats et des corporates democrats, ne doit son salut dans ces primaires que sur un coup de poker.

Les trois premières primaires sont mauvaises pour Biden (voire très mauvaises pour les deux premières) 9.
Le vote de la quatrième primaire (South Carolina) voit Biden l’emporter.
Bien que prévisible, cette victoire, par son score sans appel, il gagne avec près de 30 points d’écart, est une situation aussi stupéfiante qu’inespérée pour lui.
Nous sommes alors dimanche 29 février. Deux jours avant le premier « Super Tuesday » (14 Etats votent, dont la Californie et le Texas, gros pourvoyeurs de délégué·es) le 3 mars.

Le premier Super Tuesday (plusieurs Etats votent ensemble) 10 est donc très attendu en conséquence.

Durant les 2 jours qui le précèdent, Buttigieg et Harris (candidat·es en lice dans ces primaires) vont interrompre leur candidature et soutenir Biden. James E. Clyburn 11 qui est un membre de la chambre des représentants dont l’influence sur les carrières politiques est énorme, soutiendra aussi Biden tout de suite. (A noter que ce représentant est celui qui aurait fait Obama… dont il se dit qu’il aurait, lui aussi, agi en coulisse pour resserrer les rangs autour de Biden).
Côté médias ces deux jours vont être un moment de spéculations extrêmement intenses sur ce qu’il peut se passer ce 3 mars.

Biden emportera 9 des 15 Etats 12. Sanders remportera la California ce qui est un symbole certes, mais guère plus désormais.
Tous les observateur·es que je suis (cf. la front page du site « Liens et podcast In English » pour en avoir un aperçu) sont assez décontenancé·es par ce résultat aussi improbable que définitif comme la suite le montrera. Tout ce que compte le DNC de soutiens institutionnels sera désormais derrière Joe Biden.

Depuis, Biden a renforcé son avance. Sanders a arrêté sa campagne, bien qu’il reste en lice pour obtenir suffisamment de délégué·es espérant ainsi peser sur le programme de Biden.
Sanders a également officiellement soutenu Biden et demandé à ses supporters d’en faire autant. Chose qui ne se passe pas très bien.
Comme du côté des médias numériques indépendants de gauche (qu’ils soient professionnels, blogs ou podcasts l’accueil de la situation est mitigé) où l’on voit une agitation certaine quant à la position à prendre.
Le débat fait donc rage entre voter pour Biden ou pas au sein de la gauche (de gauche) comme chez les supporters et militants de Sanders.

Voilà pour un (trop) bref résumé de la situation dont l’article du 20 avril de The Intercept est une illustration.
Pour finir, même si le journal n’a pas donné son soutien à un candidat, certaines de ses plumes célèbres l’ont fait : Naomi Klein par exemple (pour Sanders).
Je ne crois pas que Mehdi Hassan et Jeremy Scahill l’aient fait mais je pense respecter leur orientation politique en disant que Sanders était certainement le candidat dont ils se sentent le plus proches.

Contexte de l’élément (ou la suite de l’article de Jeremy Scahill)

L’article continue « Joe Biden à un bilan politique affreux dans énormément de domaines » 13. Que je résume : menteur (sur des sujets sérieux et problématiques) et malhonnête (il nie même quand il se fait prendre la main dans le sac) ; pro interventionniste (belliciste) ; pro intérêt de corporates (et de wall street) ; anti healthcare pour le plus grand nombre (pro industries privées du soin au sens large) ; 8 femmes ont rendu public le harcèlement sexuel dont elles affirment avoir été victimes de sa part et une l’accuse de viol (Tara Reade (ancienne membre de son équipe sénatoriale)) qui se fait littéralement conspuer avec les plus viles attaques de la part de CNN, MSNBC… médias dits de gauche qui s’en sont donnés à cœur joie (à raison) sur Trump et Kavanaugh. Pour les mêmes raisons… this is double standard (as it is said over there). Il y a aussi de bruyantes interrogations autour de la corruption concernant son fils qui l’impliquerait au moins indirectement.
Comme signalé plus haut, voilà d’entrée une illustration de l’honnêteté de Scahill.
Nous sommes-là devant le candidat qui se dit l’opposant à Trump. Qui serait donc différent.

En conclusion de la liste précédente. « Il n’est pas utile de reprendre tous les terribles aspects de la carrière de Biden : son bilan politique, son tempérament vif ou son incapacité significative à se montrer en public et à être lucide depuis qu’il est le seul candidat en lice pour la nomination » (Biden a clairement des soucis de santé mentale. Sénilité ?) 14 ce à quoi je répondrai si justement. Mais c’est affaire de point de vue et son recensement en l’état est effectivement édifiant. Accordons là encore que Jeremy Scahill maintient le cap de l’explicite en reconnaissant que la liste des cochonneries « Bideniennes » est fournie et que les énumérer en détail finit par être optionnel.

La transition… « Ce que nous connaissons de la politique de Trump est aussi clair que terrifiant. Ce que nous en savons de Biden est, pour le moment, moins apparent » 15.
On peut commencer à sentir que redresser le cap en faveur de Biden après ce qui a été décrit ne va pas être simple. On peut d’ailleurs se demander pourquoi faire cela ?
Je passe sur le passage vantant les « qualités » de ce que serait l’équipe Biden. Vu l’état de celle de Trump il est probable que Biden trouve mieux. 16
De la à miser que ce sera le cas est quand même un peu problématique. Mais cela reste défendable… par rapport à Trump. C’est vrai. And creepy isn’t it?

Sur la Vice-présidence j’avoue que Scahill me surprend. Il semble considérer que ce poste aura un pouvoir certain et qu’en conséquence ce serait un plus. Des noms comme ceux de Kamala Harris, Amy Klobuchar 17 (anciennes candidates en lice) qui ont depuis soutenu la candidature de Biden et plus récemment Michelle Obama 18, l’épouse de l’ancien président Barack Obama circulent.
D’aucun voit dans ses errements plus un signe de panique stratégique qu’autre chose 19.
Signalons que l’enjeu sous-jacent est que si Biden gagnait et qu’il soit effectivement sénile, alors la VP est importante. Oui. (Notons que la solution résiderait peut-être dans le choix d’un·e autre candidat·e ?)

Plus loin « Il est toujours bon d’avoir en tête qu’Obama l’a choisi [Biden comme VP (ndlr)] afin de rassurer les modérés [Obama était alors considéré comme très à gauche ce qui fout les jetons à ce qui est qualifié là-bas de « modérés ». Pour ici les modérés en questions seraient à droite de nos « centristes » (ndlr)]. Nous ne pouvons donc espérer un néolibéralisme du style de celui d’Obama. Mais il y a quelques espaces politiques où les progressistes organisés et militants peuvent influencer Biden. Situation acceptable pour les gens et en tout cas préférable à un second mandat de Trump ». 20
C’est d’abord une présentation très « douce » du profil de Biden (qui contredit la ligne précédemment adoptée). Qui était très à droite et qui rendait Obama « vendable » au DNC et ses fractions très hostiles à un programme social ; il n’y a pas d’autres mots pour cela. Ainsi Biden a toujours soutenu les milieux financiers, bancaires et du grand patronat (milieux qui ont abondamment financé sa carrière politique). Il est très anti « Social security » aussi (qui n’a rien à voir avec notre système).

Scahill présise encore que « Biden n’est pas très attractif dans ses orientations pour un électorat jeune. » 21.
Il constate qu’il est out sur les questions de santé, d’endettement (notamment des étudiants), sur les questions environnementales. Thèmes chers aux supporters de Sanders et très populaires chez les jeunes.

En politique internationale Scahill écrit de Biden que « Certaines de ces orientations en politique étrangère sont franchement confondantes sinon explicitement de droite » 22 (oui, vous avez bien lu). Il reprend un exemple qui précède la rédaction de l’article de quelques jours : « La dernière publicité de Biden est une attaque en règle contre la Chine qui s’évertue à outrepasser les attaques de Trump en la matière [Trump a dit et répété plusieurs fois en parlant du COVID-19 qu’il était un virus chinois, puis étranger et en a fait un clip pour sa campagne… (ndlr)]. Connaissant la longue accumulation des positions de Biden nous savons qu’il peut être plus belliciste que Trump avec une tendance plus prononcée à encourager les interventions militaires, alors même que Trump est suffisamment interventionniste en matière étrangère. (…) Biden provoquera très probablement des conflits, imposera des sanctions économiques aux conséquences meurtrières et développera la politique de changement de gouvernements » 23
Nous revenons à nouveau à des constats aussi honnêtement présentés qu’avérés.

Scahill continue encore « Il y a de multiples raisons de s’opposer à la candidature de Biden. Les gens de principes ont raison de sonner l’alarme sur le bilan politique de Biden ainsi que sur des aspects de sa conduite personnelle. Pour autant il serait malhonnête de dire qu’il n’y a pas de différence entre les orientations de Biden et celles de Trump. » 24
Au cas où ça ne serait déjà pas assez clair, sachant que Scahill très honnêtement reconnaît en garder sous le pied (si je puis dire). Je ne peux m’empêcher de trouver l’enchaînement des propositions offertes quelque peu… scabreux pour ne pas dire franchement douteux. Comme si il y avait une préparation de terrain… car qu’il y ait différence ne veut pas dire qu’une option politique soit meilleure que l’autre.

Ainsi Scahill considère que Biden aurait fait des « concessions » sur des orientations politiques qui pourraient intéresser les supporters de Sanders et d’autres tendances plus à gauche que le socle de Biden.
Il en va des questions touchant les immigrants. Il a ainsi reconnu que la politique de déportation de Obama 25 était « a big mistake » (une grosse erreur) et a répondu lors d’un débat durant les primaires qu’il ne reprendrait pas cette politique. Son équipe de campagne a également laissé entendre dans une série de commentaires que Biden prendrait des mesures protectrices en direction des personnes vulnérables. Côté engagement si ça ne soulève pas les masses, je ne sais pas ce qu’il faut. Un programme peut-être ?

L’article poursuit « Sur l’immigration l’alternative [que représente Biden] est préférable à quatre années supplémentaire du conseiller de Trump en la matière, Stephen Miller un extrémiste idiot qui devrait être interdit de s’approcher à moins de 100 mètres de toute procédure de prises de décision » 26 ce qui est incontestable.
Comme d’être le Vice-président du « deporter in chief » (surnom que les assos de protection de droits de migrants donnèrent (de manière justifiée) à Obama quand il occupait le bureau Ovale).

Biden a aussi assuré qu’il stopperait le « muslim ban » qui a fait tant de mal aux populations ainsi stigmatisées. (Et qui a été une des mesures qui a commencé à mobiliser l’activisme contre Trump et sa politique au tout début de son mandat. Politique qu’il a continué et durci même après le début du « traitement » de la situation sanitaire due au coronavirus…).
Toujours à l’international Biden a assuré qu’il réintègrerait les Etats-Unis dans le traité signé avec l’Iran, quitté sur décision de Trump.
Il a aussi dénoncé le génocide au Yémen et condamné l’Arabie Saoudite pour sa responsabilité dans cette atrocité. Chose remarquable car l’Arabie Saoudite est un sujet que peu de politiciens abordent de manière critique. Biden a aussi annoncé qu’il ferait de cet Etat un « paria ». Franchement là je ne parierai pas et Scahill précise à ce sujet que « c’est une position incroyable connaissant l’intensité de la longue relation bi-partisane entre les despotes du royaume et les Etats-Unis. Ce qui soulève toutes sortes de questions sur ce qu’il en fera s’il était élu », 27 oui pour le moins en effet… même Jeremy doute ici.

« Parmi les questionnements à avoir sur un possible mandat de Biden il y a son état mental. Sera-t-il assez solide pour gouverner ? Où disparaîtra-t-il de l’espace public souvent ou non ? » 28 Il est ici fait explicitement allusion à la santé mentale du candidat qui a montré plus d’une fois des signes de ce qui pourrait ressembler à de la sénilité. Que les démocrates connaissent parfaitement qui en blaguaient encore en septembre dernier 29.

Situation dont la conséquence est ici résumée « Le fait que les démocrates aient poussé un candidat dont beaucoup de gens pensent qu’il n’est pas en mesure d’assurer sa fonction et qui devra s’appuyer sur une équipe rassemblée autour de lui est un constat accablant pour l’état de la démocratie américaine. Si Biden est le meilleur qu’ont à proposer les démocrates face à Trump, le système est mal30 De la manière la plus évidente oui (et consternante si besoin était encore).

And the winner is…

« Que peuvent faire les gens qui veulent voir Trump partir mais qui ne supportent pas Biden ? Avant toute chose, les gens n’ont pas à être honteux de ce que leur conscience leur dicte. Le choix de voter ou non leur appartient (pour être clair je voterai toujours) » 31 You’re welcome thank you. Je trouve cette entrée en matière de la partie (délicate) de vente du cas Biden des plus discutable, voire paternaliste.

Jeremy Scahill continue en constatant que le système est dominé par les poids lourds économiques et financiers et les règles truquées du duopole partisan qui combat activement l’émergence d’un troisième parti par la privation d’accès au financement (fourni par les réseaux faisant le lien ente décideurs politiques et intérêts divers) le blocage à l’accès au débat comme aux candidatures pour des primaires.
Il poursuit en constatant que les 40% qui ne sont pas sensibles aux orientations proposées par les deux partis dominants ont le droit de faire connaître leur insatisfaction en ne votant pas lors d’une élection.
Par ailleurs, dans un contexte où des dizaines de millions d’américain·es s’abstiennent, accuser les quelques électeur·es du parti Vert de détourner des voies du parti démocrate est honteux.
Des milliers d’électeur·es conscientisé·es pensent que le système bi-partisan étrangle la démocratie américaine en empêchant la possible émergence de vraies propositions de changement systémique.

Il poursuit « Il est aussi compréhensible et morallement fondé de dire « je crois Tara Reade quand elle dit que Biden a essayé de la violer et je ne voterai pas pour un violeur » » 32.
Là mon énervement vire sérieusement au rouge. Partir de ce genre de positionnement sent très mauvais pour la personne qui l’écrit. On factorialise le pour et le contre donc… Comme ça, sur tout, en mettant tout au même niveau et on compare.
Scahill ajoute la question du refus de voter pour un pro guerre d’Irak.
Concluant que ces raisons compréhensibles et légitimes moralement appartiennent à des personnes qui ne voteraient pas pour Clinton (Hilary) ou Biden. Key word : MORALEMENT. Qui pose la chose ainsi n’en a pas fini et donc…

Il continue « Au final cependant, connaissant les horreurs de notre système à deux partis, les progressistes doivent fonder leur choix de vote au delà de considérations morales et se placer d’un point de vue stratégique » 33.
(Première chose. Progressite est un mot qui a été inventé par les socialos US pour rempalcer socialiste qui leur barrait toute possibilité d’entrer sérieusement dans la lutte pour le pouvoir.)
Deuxième key word : STRATEGIQUE… qui va AU-DELA du morale… cela va sans dire. CQFD ! Stratégie que tu DOIS placer au dessus du morale. (Yes sir !)
Qui a posé cela ? Quels sont les critères ? Là dessus Scahill est discret…
« S’il faut reconnaître en toute honnêteté que Biden est un piètre candidat, il faut voter pour lui afin de s’épargner quatre années supplémentaires de politique de Trump aggravant encore ses méfaits. » 34
Deuxième injonction au cas où tu aies loupé la première… ça fait beaucoup pour ne pas être au moins douteux. Quand même.

Ainsi nous est proposé calmement de faire un compratif du pour et du contre mais avec un outil de raison qui dépasse l’outil de passion (ce n’est pas qu’elle ne soit pas connue celle-là.)
Donc on prend les faits (ça fait un peu flic non ?) : un viol par ci, des morts par là, des endettés à vie là-bas, des corrompus ici, de la sécu en moins dans le coin… on détermine des indices pour les différents items dans un tableau excel, on fait une colonne Trump, une Biden et à la fin on regarde… et pourquoi pas aussi un logiciel d’aide à la décision pendant que nous y sommes !
Si je puis me permettre nous parlons là d’une décison qui influencera des vies humaines. Et pour un certain temps. Sans compter (et c’est explicté suffisamment dans l’article) celles qui ont été impactées (pour le dire dans un langange stratégique, qui donnerai moralement : assassinées) par le passé.

L’argument de voter pour Biden qui bien qu’étant un mauvais candidat, évitera d’avoir à subir la poursuite de la politique de Trump s’entend (à condition d’avoir les tripes bien accrochées quand même). Pour une partie de la population. Hélas ! Car pour une autre il est objectivement fondé de penser que au mieux ça ne changera pas (et ce n’était pas terrible), au pire le massacre continuera.
Dans une forme qui te convient mieux Jeremy, tant mieux, mais laisse donc les autres là où ils sont et garde tes conseils stratégiques fumeux pour ta glace le matin quand tu te rases (je sais il a une barbe, c’est pour ça que je la fait celle-là…)

Scahill, qui a bon coeur (et qui connaît peut-être la théorie anthroplogique du don/contre don) conseille à Biden et à on équipe, « qu’ils considèrent celleux qui sont dans le mouvement social et militant proche de Sanders, en tenant compte des thématiques qui leur tiennent à coeur. En précisant ce que la politique de Biden sera dans ces domaines de la manière la plus convaincante afin qu’illeux votent pour lui. Mieux, leur expliquer la manière dont illeux peuvent contribuer au programme qui même à minima pourrait les inciter à voter pour lui. » 35 (Je ne sais pas ce qu’a fumé Jeremy à ce moment-là mais c’est du solide clairement.)

Après de longues considérations que je pense secondaires, Sachill conclut l’article par « Si les Démocrates veulent gagner, ils devront utiliser les six mois à venir en prenant en compte les leçons de 2016 et en montrant concrètement que cette campagne est différente. Beaucoup de gens à gauche qui s’oppose à Biden, voyant Trump comme un plus grand péril, voteront Biden. Mais, celleux qui désapprouvent cette startégie ne soutiennent pas pour autant le Président actuel. Pour elleux « Il n’est pas Trump » n’est pas un pari à tenter. Il est de la responsabilité de Biden et de son équipe de défendre et argumenter sa politique pour gagner chaque voix possibles. Aucune d’entre elles ne doit être tenues pour acquises. » 36

Qui sait ? Biden l’entendra peut-être… Pour le moment quand même, tant moralement que stratégiquement, je n’ai pas l’impression que Joe (et ses potes dont Bloomberg qui continue de raquer) soit disposé à aller dans ce sens.
Plus grave encore, je me range de plus en plus du côté du camp des médias qui pensent que les Dems la jouent perdante ce coup-ci. Se servant des élections à venir (présidentielles, gouverneur·es, congrès locaux et fédéral) pour évaluer leur force par rapport à la « casse » (si casse il y a) que Sanders aura fait dans leur rang. Sachant que la récente popularité médiatique (due au COVID-19, et qui est une escroquerie finie) de Cuomo (Gouverneur de l’Etat de New York) leur laisse entrevoir un nom pour 2024.
S’ajoute qu’en plus, la situation Trump leur convient d’un certain point de vue. Ils ont leur soutien médiatique (CNN, MSNBC, NYT etc.) qui les aide tant dans la critique de Trump que dans celle de leur aile « gauche ». Tout en préservant leurs intérêts comme ceux de leurs soutiens financiers. Le tout en ayant le « beau » rôle de l’opposition bridée.
Situation sordide dont il faut comprendre que certains des médias en question (particulièrement MSNBC qui a failli foutre la clé sous la porte en 2016 tellement il s’était mouillé pour Obama et en était discrédité) ont largement bénéficié aussi. Trump est utile à beaucoup de gens, ce qui est fou, mais c’est ainsi.

Update 23/04/20 : Un exemple de la sénilté de Biden

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  1. Je me réfère à ces données : https://ncov2019.live/data
    L’Etat lui, donne cela : https://dashboard.covid19.data.gouv.fr/
    []
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/PRISM_(programme_de_surveillance)[]
  3. https://fr.wikipedia.org/wiki/Laura_Poitras[]
  4. http://www.praxisfilms.org/films/citizenfour[]
  5. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeremy_Scahill[]
  6. https://theintercept.com/2020/04/20/donald-trump-joe-biden-2020-presidential-election-voting/[]
  7. « It is in contemplating all of the above that the emergence of Joe Biden as the Democratic Party’s presumptive choice to take on Trump is a deeply disturbing and risky response to the threats we face. »[]
  8. https://fr.wikipedia.org/wiki/Joe_Biden[]
  9. L’Iowa voit deux « gagnants » que sont Buttigieg et Sanders. Je passe les détails de l’histoire c’est fou.
    New Hampshire : Sanders gagne en voies mais perd en délégué·es (encore un truc de ouf mais bon).
    Nevada : Sanders gagne avec plus de 21 points d’écart sur Biden.
    Pour la première fois le favori du DNC est présent dans la course. Cela n’entraîne pas pour autant une mobilisation réelle de la part du DNC et de ses relais. Toujours attentiste et incertain sur la désignation d’un.e favori.e officiel.le.
    Sanders, lui, continue de caracoler en tête dans les « endorsements », soutiens officiels pour voter pour un candidat de la part d’un groupement politiquement ou syndicalement identifié ou d’une personnalité politique ou autres.
    Bernie Sanders a par exemple eu le soutien de Joe Rogan, le podcaster qui serait le plus suivi au monde – 8 millions d’abonnés à sa chaine PowerfullJRE (https://www.youtube.com/user/PowerfulJRE/videos) – qui a fait grand bruit.
    Il accumule les dons individuels pour financer sa campagne qui battent tous les records d’une campagne sans soutien de ce qu’ils appellent là-bas les « mega donors » (grosses entreprises/millionaires/milliardaires au travers de PAC et Super PAC).
    Cela affole complètement le DNC et les relais médiatiques qui lui sont (très) favorables (principalement CNN et surtout MSNBC). Sanders et ses supporters sont attaqué.es de toutes parts.
    Le vote de la South Carolina est donc attendu avec vive impatience. Cet Etat risquant d’être celui où Biden pourrait définitivement être contesté comme leader (non « officiel » jusqu’alors) du DNC. C’était l’état d’esprit majoritaire précédent le 29 février.
    A noter qu’entre temps Michael Bloomberg, ancien maire républicain de New York faisant partie des 10 premières fortunes mondiales, s’inscrit sur une idée de Jeff Bezos (https://www.vox.com/recode/2019/11/9/20956153/mike-bloomberg-president-2020-jeff-bezos-phone-call-amazon-hq2 ) dans la primaire des Démocrates. Il s’y cassera les dents mais investira plus de 1 milliards de dollars de sa poche pour la course (https://docquery.fec.gov/cgi-bin/forms/C00728154/1402692/ ). Autant dire que les semaines qui précèdent la primaire en Caroline du Sud sont animées…[]
  10. Cf. Explication d’une présidentielle américaine en quelques mots rapides[]
  11. https://clyburn.house.gov/[]
  12. https://fivethirtyeight.com/live-blog/super-tuesday/[]
  13. « Biden has an abominable public policy record on a wide range of issues. »[]
  14. « There is no point to going through and listing all of the terrible aspects of Biden’s career, his policy record, his mental stamina, or his substantial failures to make himself visible or consistently cogent since securing the presumptive nomination. »[]
  15. « What we get with Trump is as clear as it is terrifying. What we get with Biden, in his current form, is less apparent. »[]
  16. Encore que si l’on s’en tient à aux informations/supputations connues rien ne laisse présager de quoi se réjouir : https://www.axios.com/joe-biden-cabinet-vice-president-picks-b17882ac-3953-450f-8afb-38a3c8dcda57.html
    Informations prisent dans https://www.youtube.com/watch?v=JsykOe7ZzC0 qui résumen assez bien un (mauvais) état des lieux.[]
  17. https://www.msn.com/en-us/news/elections-2020/joe-biden-s-business-allies-are-pushing-kamala-harris-amy-klobuchar-as-potential-vp-picks/ar-BB11Eqbt[]
  18. https://www.youtube.com/watch?v=yZcjPe5n_nA []
  19. https://www.youtube.com/watch?v=yZcjPe5n_nA []
  20. « It’s always worth remembering that Biden was picked in 2008 to make Obama less threatening to moderates — so we can’t even bank on a return to Obama’s brand of neoliberalism. But there will be policy areas where some victories may be possible for a well-organized and militant left willing to take Biden on. Such a dynamic wouldn’t be the worst thing in the world and would be better for more people than a second Trump term in virtually every tangible way. »[]
  21. « Biden isn’t great on many issues that motivate young voters. »[]
  22. « Some of his foreign policy positions are downright disturbing, if not explicitly right-wing. »[]
  23. « The latest Biden campaign ad is a fearmongering attack on China and an effort to outbid Trump’s xenophobic rhetoric. Biden’s long record indicates that he could prove more inclined to authorize military interventions than Trump, who has been quite belligerent himself (…). Biden is almost certainly going to start and continue wars, impose deadly economic sanctions, and support or enact regime change efforts. »[]
  24. « There is an abundance of justification to oppose a Biden presidency. And principled people are right to ring loud alarms over Biden’s record, policies, and some of his personal conduct. At the same time, it is not honest to imply there would be no difference between a Biden and Trump administration. ».[]
  25. Sur les trois premières années du mandat Obama, le nombre de déportations a été plus intense que celui de Trump, qui, par contre, a emprisonné (pour ne pas dire encagé) beaucoup plus de demandeurs d’asile (au passage lesdites cages existaient sous Obama et « accueillaient » déjà des enfants…[]
  26. « On immigration, the alternative to that is four more years of Trump adviser Stephen Miller, an extremist nut who shouldn’t be allowed within 100 feet of a consequential decision-making process »[]
  27. That’s an incredible statement given the long bipartisan love affair with the kingdom’s despots and raises all sorts of questions about what that would mean if Biden is elected » []
  28. « Among the wild cards of a Biden administration will be the issue of whether he has the actual mental stamina to govern, or if he is going to be frequently disoriented and infrequently seen or heard. »[]
  29. https://theintercept.com/2020/03/09/it-was-democrats-and-their-media-allies-who-impugned-bidens-cognitive-fitness-yet-now-feign-outrage/[]
  30. « The fact that the Democrats have forced through a candidate that many people don’t believe is fully functional and will rely on the strength of “the team” assembled around him is a pretty grim statement about the state of democracy in the U.S. If Biden is the best the Democrats have to offer in the face of Trump, the system is rotten »[]
  31. « So what should people who want Trump gone but cannot stand Biden do? First of all, no one should be shamed for letting their conscience dictate their vote or decision not to vote. (Full disclosure: I always vote.) »[]
  32. « It is also an understandable and morally principled decision to say, “I believe Tara Reade was sexually assaulted by Joe Biden, and I will not vote for a rapist.” »[]
  33. « Ultimately, however, given the abomination of our two-party system, progressive voters are forced to make not just a moral but a strategic choice with their votes. »[]
  34. « Recognizing that Biden is a terrible candidate and being honest about that but voting for him in an effort to prevent Trump from further consolidating his agenda is a strategically sound position. []
  35. « Many of the social and political movements that backed Sanders » [ont besoin que Biden et son équipe] « Show them your work on the issues they care about, explain what Biden’s policies are on those issues and make the most convincing case you can for why they should vote for him. Better yet, explain to them how you are fighting to make Biden’s platform one that even minimally pretends to want their votes.[]
  36. « If Democrats want to try to win them over, they should use the next six months to show them you take their concerns about 2016 seriously and map out the ways this campaign is different. Most people on the left who oppose Biden but also view Trump as the gravest danger are going to vote against Trump by voting for Biden. But those who disagree with that strategy do not support Trump. For them, “He’s not Trump” is not a gamble worth taking. The onus is on the Biden campaign and its supporters to make their case to every eligible voter in this country and earn their votes. No one should be taken for granted. »[]
Catégories : Réflexion(s)

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Le Taulier

N'en revient pas et trouve que le monde ne l'aide pas beaucoup à ce que ça change. Râleur. Liseur boulimique, en français et en anglais ; sur papier comme sur écran. Fervent défenseur de la sieste et profondément opposé à la téloche. Viscéralement anti-libéralisme. Totalement anti-capitalisme. Pour la res communa et l'auto-organisation.